Le « Psaume 148 et son Antienne » psalmodié par les Moines Bénédictins de l’Abbaye de Keur Moussa au Sénégal :


Antienne : « Mon âme s'épuise à désirer les parvis du Seigneur, mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant »

Psaume 148 :
Alléluia ! Louez le Seigneur du haut des cieux, louez-le dans les hauteurs. Vous, tous ses anges, louez-le, louez-le, tous les univers.
Louez-le, soleil et lune, louez-le, tous les astres de lumière ; vous, cieux des cieux, louez-le, et les eaux des hauteurs des cieux. Qu'ils louent le nom du Seigneur : sur son ordre ils furent créés ; c'est lui qui les posa pour toujours sous une loi qui ne passera pas.
Louez le Seigneur depuis la terre, monstres marins, tous les abîmes ; feu et grêle, neige et brouillard, vent d'ouragan qui accomplis sa parole ; les montagnes et toutes les collines, les arbres des vergers, tous les cèdres ; les bêtes sauvages et tous les troupeaux, le reptile et l'oiseau qui vole ; les rois de la terre et tous les peuples, les princes et tous les juges de la terre ; tous les jeunes gens et jeunes filles, les vieillards comme les enfants.
Qu'ils louent le nom du Seigneur, le seul au-dessus de tout nom ; sur le ciel et sur la terre, sa splendeur : il accroît la vigueur de son peuple.
Louange de tous ses fidèles, des fils d'Israël, le peuple de ses proches ! Alléluia !

Rendons gloire au Père tout puissant, à son fils Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen.


Le Psaume 148 en français (La Bible de Jérusalem, 1998) :

Chaque jour nous appelle à rendre grâce pour la création et pour la vie nouvelle d'enfants de Dieu. Louez Dieu, aujourd'hui et pour l'éternité !

Ps 148, 1 : Alléluia ! Louez Yahvé depuis les cieux, louez-le dans les hauteurs,
Ps 148, 2 : louez-le, tous ses anges, louez-le, toutes ses armées !
Ps 148, 3 : Louez-le, soleil et lune, louez-le, tous les astres de lumière,
Ps 148, 4 : louez-le, cieux des cieux, et les eaux de dessus les cieux !
Ps 148, 5 : Qu'ils louent le nom de Yahvé lui commanda, eux furent créés;
Ps 148, 6 : il les posa pour toujours et à jamais, sous une loi qui jamais ne passera.
Ps 148, 7 : Louez Yahvé depuis la terre, monstres marins, tous les abîmes,
Ps 148, 8 : feu et grêle, neige et brume, vent d'ouragan, l'ouvrier de sa parole,
Ps 148, 9 : montagnes, toutes les collines, arbre à fruit, tous les cèdres,
Ps 148, 10 : bête sauvage, tout le bétail, reptile, et l'oiseau qui vole,
Ps 148, 11 : rois de la terre, tous les peuples, princes, tous les juges de la terre,
Ps 148, 12 : jeunes hommes, aussi les vierges, les vieillards avec les enfants !
Ps 148, 13 : Qu'ils louent le nom de Yahvé sublime est son nom, lui seul, sa majesté par-dessus terre et ciel !
Ps 148, 14 : Il rehausse la vigueur de son peuple, fierté pour tous ses amis, pour les enfants d'Israël, le peuple de ses proches.

Dieu qui fais exister tout ce qui est, loué soit ton nom au-dessus de tout nom ! Oui, ton peuple te loue, Dieu Très-Haut, d'être très proche de lui en Jésus, ton Fils bien-aimé.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.


Le Psaume 148 en latin (La Vulgate) :

Ps 148, 01 : Alleluia Laudate Dominum de caelis laudate eum in excelsis
Ps 148, 02 : Laudate eum omnes angeli eius laudate eum omnes virtutes eius
Ps 148, 03 : Laudate eum sol et luna laudate eum omnes stellae et lumen
Ps 148, 04 : Laudate eum caeli caelorum et aqua quae super caelum est
Ps 148, 05 : Laudent nomen Domini quia ipse dixit et facta sunt ipse mandavit et creata sunt
Ps 148, 06 : Statuit ea in saeculum et in saeculum saeculi praeceptum posuit et non praeteribit
Ps 148, 07 : Laudate Dominum de terra dracones et omnes abyssi
Ps 148, 08 : Ignis grando nix glacies spiritus procellarum quae faciunt verbum eius
Ps 148, 09 : Montes et omnes colles ligna fructifera et omnes cedri
Ps 148, 10 : Bestiae et universa pecora serpentes et volucres pinnatae
Ps 148, 11 : Reges terrae et omnes populi principes et omnes iudices terrae
Ps 148, 12 : Iuvenes et virgines senes cum iunioribus laudent nomen Domini
Ps 148, 13 : Quia exaltatum est nomen eius solius
Ps 148, 14 : Confessio eius super caelum et terram et exaltabit cornu populi sui hymnus omnibus sanctis eius filiis Israhel populo adpropinquanti sibi

Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen.



L’Homélie de Saint Augustin sur le psaume 148 « L'Alléluia de Pâques » :

« La méditation, dans notre vie présente, doit consister à louer Dieu, car l'allégresse éternelle de notre vie future sera une louange de Dieu ; et personne ne peut être adapté à la vie future s'il ne s'y exerce pas dès maintenant. Maintenant donc nous louons Dieu, mais nous Le supplions aussi. Notre louange comporte la joie ; notre supplication, le gémissement. Car on nous a promis quelque chose que nous ne possédons pas encore ; et parce que l'auteur de la promesse est véridique, nous trouvons notre joie dans l'espérance ; mais parce que nous ne possédons pas encore, notre désir nous fait gémir. Il nous est bon de persévérer dans le désir jusqu'à ce que vienne le bonheur promis, jusqu'à ce que le gémissement disparaisse et que la louange demeure seule.

Il y a donc deux époques : l'époque actuelle qui se passe dans les tentations et les épreuves de cette vie ; et une seconde époque, qui sera celle de la sécurité et de l'allégresse sans fin. Aussi deux époques sont-elles été instituées pour nous : avant Pâques et après Pâques. L'époque antérieure à Pâques symbolise l'épreuve où nous sommes maintenant ; et ce que nous célébrons en ces jours qui suivent Pâques symbolise la béatitude qui sera plus tard la nôtre. Avant Pâques nous célébrons donc ce que nous sommes en train de vivre ; après Pâques, ce que nous célébrons symbolise ce que nous ne possédons pas encore. C'est pourquoi, dans la première époque, nous nous entraînons par le jeûne et la prière ; mais dans l'époque présente, nous abandonnons le jeûne et nous vivons dans la louange. Tel est le sens de l'Alléluia que nous chantons.

L'une et l'autre époques nous ont été figurées, l'une et l'autre nous ont été manifestées dans notre chef. La Passion du Seigneur nous montre la vie présente qui nous oblige à peiner, à subir les épreuves et finalement à mourir ; la Résurrection et la Glorification du Seigneur nous montrent la vie que nous recevrons.

Nous vous exhortons, mes frères, à louer Dieu en ce moment, et c'est ce que nous faisons tous lorsque nous disons : Alléluia. Loue le Seigneur. Tu le dis à un autre, lui-même te dit la même chose. Lorsque tous font la même exhortation, tous y répondent. Mais louez-le par tout vous-mêmes : c'est-à-dire que votre langue et votre voix ne doivent pas être seules à louer Dieu ; louez-le aussi par votre conscience, par votre vie, par vos actions.

Évidemment, nous le louons maintenant, quand nous sommes rassemblés dans l'église ; lorsque chacun s'en va chez soi, il semble cesser de louer Dieu. S'il ne cesse pas de bien vivre, il loue Dieu continuellement. Ta louange ne cesse que lorsque tu te détournes de la justice et de ce qui plaît à Dieu. Car si tu ne te détournes jamais de la vie vertueuse, ta bouche est muette, mais ta vie est une acclamation et Dieu prête l'oreille au chant de ton cœur. Comme nos oreilles entendent nos voix, c'est ainsi que Dieu entend nos pensées ».

Ainsi soit-il.


Saint Augustin (354-430)