Le « Psaume 149 et son Antienne » psalmodié par les Moines Bénédictins de l’Abbaye de Keur Moussa au Sénégal :


Antienne : « Alléluia ! Alléluia ! Alléluia ! Alléluia ! »

Psaume 149 :
Alléluia ! Chantez au Seigneur un chant nouveau, louez-le dans l'assemblée de ses fidèles ! En Israël, joie pour son créateur ; dans Sion, allégresse pour son Roi ! Dansez à la louange de son nom, jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l'éclat de la victoire. Que les fidèles exultent, glorieux, criant leur joie à l'heure du triomphe. Qu'ils proclament les éloges de Dieu, tenant en main l'épée à deux tranchants.
Tirer vengeance des nations, infliger aux peuples un châtiment, charger de chaînes les rois, jeter les princes dans les fers, leur appliquer la sentence écrite, c'est la fierté de ses fidèles. Alléluia !

Rendons gloire au Père tout puissant, à son fils Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen.


Le Psaume 149 en français (La Bible de Jérusalem, 1998) :

Ps 149, 1 : Alléluia ! Chantez à Yahvé un chant nouveau sa louange dans l'assemblée des siens !
Ps 149, 2 : Joie pour Israël en son auteur, pour les fils de Sion, allégresse en leur roi,
Ps 149, 3 : louange à son nom par la danse, pour lui, jeu de harpe et de tambour !
Ps 149, 4 : Car Yahvé se complaît en son peuple, de salut il pare les humbles,
Ps 149, 5 : les siens jubilent de gloire, ils acclament depuis leur place
Ps 149, 6 : les éloges de Dieu à pleine gorge, à pleines mains l'épée à deux tranchants;
Ps 149, 7 : pour exercer sur les peuples vengeance, sur les nations le châtiment,
Ps 149, 8 : pour lier de chaînes leurs rois, d'entraves de fer leurs notables,
Ps 149, 9 : pour leur appliquer la sentence écrite gloire en soit à tous les siens !

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.


La méditation de Jean-Paul II « Des mains accordées à la voix » sur le Psaume 149 :
L'appel du psaume 149 renvoie à une aube qui va poindre et qui voit les fidèles prêts à entonner leur louange du matin. Cette louange est définie à travers une expression significative, un chant nouveau (v. 1), c'est-à-dire un hymne solennel et parfait, adapté aux jours de la fin, lorsque le Seigneur rassemblera les justes dans un monde renouvelé. Tout le psaume 149 est parcouru par une atmosphère de fête rythmée par le chant, la louange, la joie, la danse, le son des tambours et des harpes. La prière que ce psaume inspire est l'action de grâce d'un cœur comblé de joie religieuse. Faisant référence aux instruments utilisés par le psalmiste, Saint Augustin se demande : « Pourquoi le psalmiste prend-il en main le tambour et le psaltérion ? » II répond : « Pour que la voix ne soit pas seule à louer le Seigneur, mais également les œuvres. Lorsque l'on prend le tambour et la harpe, les mains s'accordent avec la voix. Il en est de même pour toi. Quand tu chantes l'alléluia, tu dois présenter le pain à l'affamé, vêtir celui qui est nu, accueillir le pèlerin. Si tu fais cela, ce n'est pas la voix seule qui chante, mais les mains s'harmonisent à la voix, dans la mesure où les paroles concordent avec les œuvres. » Avec cette certitude, « les fils de Sion » (v. 2), c'est-à-dire les fidèles et les pauvres, partent pour vivre leur témoignage dans le monde et dans l'histoire.

Jean-Paul II


Le Psaume 149 en latin "Cantate Domino" (La Vulgate) :

Ps 149, 1 : Alleluia cantate Domino canticum novum laus eius in ecclesia sanctorum
Ps 149, 2 : laetetur Israhel in eo qui fecit eum et filii Sion exultent in rege suo
Ps 149, 3 : laudent nomen eius in choro in tympano et psalterio psallant ei
Ps 149, 4 : quia beneplacitum est Domino in populo suo et exaltabit mansuetos in salute
Ps 149, 5 : exultabunt sancti in gloria laetabuntur in cubilibus suis
Ps 149, 6 : exaltationes Dei in gutture eorum et gladii ancipites in manibus eorum
Ps 149, 7 : ad faciendam vindictam in nationibus increpationes in populis
Ps 149, 8 : ad alligandos reges eorum in conpedibus et nobiles eorum in manicis ferreis
Ps 149, 9 : ut faciant in eis iudicium conscriptum gloria haec est omnibus sanctis eius

Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen.



Homélie de Saint Augustin sur le Psaume 149 : « Le Chant Nouveau » :

Chantez au Seigneur un chant nouveau, sa louange est dans l'assemblée des fidèles.

Nous sommes invités à chanter au Seigneur un « chant nouveau ». L'homme nouveau connaît ce chant nouveau. Le chant est affaire de joie et, si nous y réfléchissons plus attentivement, il est affaire d'amour. Donc, celui qui sait aimer la vie nouvelle sait chanter le chant nouveau. Qu'est-ce que la vie nouvelle ? Nous y sommes invités à cause du chant nouveau. Car tout appartient au même Royaume : l'homme nouveau, le chant nouveau, le testament nouveau. Donc l'homme nouveau chantera le chant nouveau et appartiendra au testament nouveau.

Chacun aime, mais on doit chercher quel est l'objet de cet amour. Par conséquent, on ne nous demande pas de renoncer à l'amour, mais de choisir ce que nous devons aimer. Mais que pourrons-nous choisir, si d'abord nous ne sommes choisis ? Écoutez l'Apôtre Jean : « Nous aimons parce que Dieu Lui-même nous a aimés le premier ». Cherche comment l'homme peut aimer Dieu, et tu ne trouveras absolument rien d'autre que ceci : c'est Dieu, le Premier, qui l'a aimé. Celui que nous avons aimé s'est donné Lui-même, Il s'est donné pour que nous ayons de quoi aimer. Qu'a-t-Il donné pour que nous ayons de quoi aimer ? Sachez-le plus clairement en écoutant l'Apôtre Paul, qui dit : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs ». D'où cela vient-il ? De nous ? De qui donc ? Par l'Esprit Saint qui nous a été donné.

Puisque nous avons une telle garantie, aimons Dieu de par Dieu. Écoutez cette Parole plus explicite de Saint Jean : « Dieu est Amour ». Celui qui demeure dans l'Amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Il ne suffit pas de dire : « L'Amour vient de Dieu ». Mais qui d'entre nous oserait dire, comme Saint Jean : Dieu est Amour ? Celui qui a dit cela savait ce qu'il avait en lui.

En un mot, Dieu s'offre à nous. Il nous crie : « Aimez-moi et vous m'aurez en vous ». Car vous ne pouvez même pas m'aimer, si vous ne m'avez pas en vous.

Ô mes frères ! Ô mes fils ! Enfants de l'Église Catholique ! Plantation sainte et céleste ! Vous qui êtes régénérés dans le Christ et qui avez reçu la naissance d'en haut, écoutez-moi, ou plutôt écoutez Dieu par ma voix : « Chantez au Seigneur un chant nouveau ! » Eh bien, dis-tu, je chante ! Tu chantes, oui, tu chantes, je l'entends. Mais il ne faut pas que ta vie porte témoignage contre tes paroles.

Chantez avec la voix, chantez avec le cœur, chantez avec la bouche, chantez par toute votre vie : Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez comment chanter Celui que vous aimez ? Car, sans aucun doute, tu veux chanter Celui que tu aimes. Tu cherches quelles louanges Lui chanter ? Vous avez entendu : Chantez au Seigneur un chant nouveau. Vous cherchez où sont Ses louanges ? Sa louange est dans l'assemblée des fidèles. La louange de Celui que l'on veut chanter, c'est le chanteur lui-même. Vous voulez dire les Louanges de Dieu ? Soyez ce que vous dites. Vous êtes Sa louange, si vous vivez selon le bien.

Saint Augustin (354-430)