Le Psaume 41 (42) en français (La Bible de Jérusalem, 1998) :

Ps 41:1- Du maître de chant. Poème. Des fils de Coré.
Ps 41:2- Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu.
Ps 41:3- Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant; quand irai-je et verrai-je la face de Dieu ?
Ps 41:4- Mes larmes, c'est là mon pain, le jour, la nuit, moi qui tout le jour entends dire Où est-il, ton Dieu ?
Ps 41:5- Oui, je me souviens, et mon âme sur moi s'épanche, je m'avançais sous le toit du Très-Grand, vers la maison de Dieu, parmi les cris de joie, l'action de grâces, la rumeur de la fête.
Ps 41:6- Qu'as-tu, mon âme, à défaillir et à gémir sur moi ? Espère en Dieu : à nouveau je lui rendrai grâce, le salut de ma face
Ps 41:7- et mon Dieu ! Mon âme est sur moi défaillante, alors je me souviens de toi depuis la terre du Jourdain et des Hermons, de toi, humble montagne.
Ps 41:8- L'abîme appelant l'abîme au bruit de tes écluses, la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi.
Ps 41:9- Le jour, Yahvé mande sa grâce et même pendant la nuit le chant qu'elle m'inspire est une prière à mon Dieu vivant.
Ps 41:10- Je dirai à Dieu mon Rocher pourquoi m'oublies-tu ? Pourquoi m'en aller en deuil, accablé par l'ennemi ?
Ps 41:11- Touché à mort dans mes os, mes adversaires m'insultent en me redisant tout le jour Où est-il, ton Dieu ?
Ps 41:12- Qu'as-tu, mon âme, à défaillir et à gémir sur moi ? Espère en Dieu : à nouveau je lui rendrai grâce, le salut de ma face et mon Dieu !

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.



Le Psaume 41 (42) en français (AELF : Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones) :

Ps 41, 02 : Comme un cerf altéré cherche l'eau vive, * ainsi mon âme te cherche toi, mon Dieu.
Ps 41, 03 : Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ; * quand pourrai-je m'avancer, paraître face à Dieu ?
Ps 41, 04 : Je n'ai d'autre pain que mes larmes, le jour, la nuit, * moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il ton Dieu ? »
Ps 41, 05 : Je me souviens, et mon âme déborde : * en ce temps-là, je franchissais les portails ! Je conduisais vers la maison de mon Dieu la multitude en fête, * parmi les cris de joie et les actions de grâce.
Ps 41, 06 : (R) Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? * Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu !
Ps 41, 07 : Si mon âme se désole, je me souviens de toi, * depuis les terres du Jourdain et de l'Hermon, depuis mon humble montagne.
Ps 41, 08 : L'abîme appelant l'abîme à la voix de tes cataractes, * la masse de tes flots et de tes vagues a passé sur moi.
Ps 41, 09 : Au long du jour, le Seigneur m'envoie son amour ; * et la nuit, son chant est avec moi, prière au Dieu de ma vie.
Ps 41, 10 : Je dirai à Dieu, mon rocher : « Pourquoi m'oublies-tu ? * Pourquoi vais-je assombri, pressé par l'ennemi ? »
Ps 41, 11 : Outragé par mes adversaires, je suis meurtri jusqu'aux os, * moi qui chaque jour entends dire : « Où est-il ton Dieu ? »
Ps 41, 12 : (R) Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? * Espère en Dieu ! De nouveau je rendrai grâce : il est mon sauveur et mon Dieu !

Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



Le Psaume 41 (42) "Sicut cervus" en latin (La Vulgate) :

Ps 41, 01 : In finem in intellectum filiis Core
Ps 41, 02 : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum ita desiderat anima mea ad te Deus
Ps 41, 03 : sitivit anima mea ad Deum fortem; vivum quando veniam et parebo ante faciem Dei
Ps 41, 04 : fuerunt mihi lacrimae meae panis die ac nocte dum dicitur mihi cotidie ubi est Deus tuus
Ps 41, 05 : haec recordatus sum et effudi in me animam meam quoniam transibo in loco tabernaculi admirabilis usque ad domum Dei in voce exultationis et confessionis sonus epulantis
Ps 41, 06 : quare tristis es anima mea et quare conturbas me spera in Deo quoniam confitebor illi salutare vultus mei
Ps 41, 07 : Deus meus ad me ipsum anima mea conturbata est propterea memor ero tui de terra Iordanis et Hermoniim a monte modico
Ps 41, 08 : abyssus ad; abyssum invocat in voce cataractarum tuarum omnia excelsa tua et fluctus tui super me transierunt
Ps 41, 09 : in die mandavit Dominus misericordiam suam et nocte canticum eius apud me oratio Deo vitae meae
Ps 41, 10 : dicam Deo susceptor meus es quare oblitus es mei quare contristatus incedo dum adfligit me inimicus
Ps 41, 11 : dum confringuntur ossa mea exprobraverunt mihi qui tribulant me dum dicunt mihi per singulos dies ubi est Deus tuus
Ps 41, 12 : quare tristis es anima mea et quare conturbas me spera in Deum quoniam *adhuc; confitebor illi salutare vultus mei *et; Deus meus

Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto sicut erat in principio et nunc et semper et in sæcula sæculorum. Amen.



Homélie de Saint Jérôme sur le Psaume 41 : « Action de grâce des nouveaux baptisés »

« Comme un cerf altéré cherche l'eau vive » , ainsi mon âme te désire, ô mon Dieu. Nos baptisés sont pareils à des cerfs qui cherchent l'eau vive : abandonnant l'Égypte et le monde, ils ont mis à mort Pharaon qui s'est noyé dans la mer, et ils ont tué toute son armée dans le bain du baptême ; après l'écrasement du démon, ils désirent les sources de l'Église : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Sur le Père, qui est une source, il est écrit dans Jérémie : « Ils m'ont délaissé, moi, la source d'eau vive, et ils se sont creusé des citernes lézardées, qui ne gardent pas l'eau » . Sur le Fils, il y a ce passage : « Ils ont abandonné la source de la sagesse » . Et sur le Saint-Esprit : « Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, il jaillira en lui une source jaillissante pour la vie éternelle » . Cette parole se comprend aussitôt, puisque l'Évangéliste nous dit que le Sauveur parlait alors du Saint-Esprit. Par ces textes, il est prouvé avec la plus grande évidence que ces trois sources de l'Église correspondent au mystère de la Trinité.

C'est elles que désire l'âme du croyant, c'est elles que désire l'âme du baptisé, lorsqu'elle dit : « Mon âme a soif de Dieu, la source vive » . Elle ne s'est pas contentée d'une velléité de voir Dieu ; elle l'a désiré de toute son ardeur, elle a eu soif de toute sa brûlure. Avant de recevoir le baptême, les catéchumènes se disaient entre eux : « Quand pourrai-je m'avancer et paraître devant la face de Dieu ? » Voici réalisé ce qu'ils demandaient ; ils se sont avancés et ils se sont tenus devant la face de Dieu, ils ont paru devant l'autel et devant le mystère du Sauveur.

Admis à recevoir le corps du Christ et renés dans la source vivifiante, ils disent avec confiance : « Je passerai jusqu'à la tente admirable, jusqu'à la maison de Dieu » . La maison de Dieu, c'est l'Église ; c'est elle la tente admirable, car elle est la demeure des cris de joie et de louange, de la multitude en fête.

Vous qui avez maintenant revêtu le Christ, vous qui suivez notre direction, comme les petits poissons suivent l'appât, laissez-vous soulever par la parole de Dieu hors des flots de ce monde et parlez donc ainsi : « En nous, les lois de la nature sont changées. Car lorsque les poissons sont tirés hors de la mer, ils meurent. Mais nous, les Apôtres nous ont tirés de la mer de ce monde pour que nous passions de la mort à la vie. Tant que nous étions dans le monde, nos regards se perdaient dans les bas-fonds, notre vie se passait dans la vase. Maintenant que nous avons échappé aux flots, nous avons commencé à voir le soleil, à regarder la vraie lumière et, bouleversés par une joie immense, nous disons à notre âme : Espère en Dieu, car je lui rendrai grâce, à lui, mon sauveur et mon Dieu.


Saint Jérôme (347-420)

R