Le « Psaume 56 et son Antienne » psalmodié par les Moines Bénédictins de l’Abbaye de Keur Moussa au Sénégal :


Antienne : « Premier-né de toute créature, Sagesse de Dieu, gloire à toi ! »

Psaume 56 :
Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! En toi je cherche refuge, un refuge à l'ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur.
Je crie vers Dieu, le Très Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi. Du ciel, qu'il m'envoie le salut (mon adversaire a blasphémé !). Que Dieu envoie son amour et sa vérité !
Je suis au milieu de lions et gisant parmi des bêtes féroces ; ils ont pour langue une arme tranchante, pour dents, des lances et des flèches. Dieu, lève-toi sur les cieux : que ta gloire domine la terre !
Ils ont tendu un filet sous mes pas : j'allais succomber. Ils ont creusé un trou devant moi, ils y sont tombés.
Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt ! Je veux chanter, jouer des hymnes !
Éveille-toi, ma gloire ! Éveillez-vous, harpe, cithare, que j'éveille l'aurore !
Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur, et jouerai mes hymnes en tous pays. Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues. Dieu, lève-toi sur les cieux: que ta gloire domine la terre !

Rendons gloire au Père tout puissant, à son fils Jésus-Christ le Seigneur, à l’Esprit qui habite en nos cœurs, pour les siècles des siècles. Amen.


Le Psaume 56 (57) en français (La Bible de Jérusalem, 1998) :

Ps 56, 1 : Du maître de chant. "Ne détruis pas." De David. À mi-voix. Quand il s'enfuit de devant Saül dans la caverne.
Ps 56, 2 : Pitié pour moi, ô Dieu, pitié pour moi, en toi s'abrite mon âme, à l'ombre de tes ailes je m'abrite, tant que soit passé le fléau.
Ps 56, 3 : J'appelle vers Dieu le Très-Haut, le Dieu qui a tout fait pour moi;
Ps 56, 4 : que des cieux il envoie et me sauve, qu'il confonde celui qui me harcèle,
Ps 56, 5 : Mon âme est couchée parmi les lions, qui dévorent les fils d'Adam; leurs dents, une lance et des flèches, leur langue, une épée acérée.
Ps 56, 6 : O Dieu, élève-toi sur les cieux ! Sur toute la terre, ta gloire !
Ps 56, 7 : Ils tendaient un filet sous mes pas, mon âme était courbée; ils creusaient devant moi une trappe, ils sont tombés dedans.
Ps 56, 8 : Mon coeur est prêt, ô Dieu, mon coeur est prêt; je veux chanter, je veux jouer pour toi !
Ps 56, 9 : éveille-toi, ma gloire; éveille-toi, harpe, cithare, que j'éveille l'aurore !
Ps 56, 10 : Je veux te louer chez les peuples, Seigneur, jouer pour toi dans les pays;
Ps 56, 11 : grand jusqu'aux cieux ton amour, jusqu'aux nues, ta vérité.
Ps 56, 12 : O Dieu, élève-toi sur les cieux. Sur toute la terre, ta gloire !

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.



Le Psaume 56 (57) en français (AELF : Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones) :

Ps 56, 02 : Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! En toi je cherche refuge, un refuge à l'ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur.
Ps 56, 03 : Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi.
Ps 56, 04 : Du ciel, qu'il m'envoie le salut : (mon adversaire a blasphémé !). Que Dieu envoie son amour et sa vérité !
Ps 56, 05 : Je suis au milieu de lions et gisant parmi des bêtes féroces ; ils ont pour langue une arme tranchante, pour dents, des lances et des flèches.
Ps 56, 06 : (R) Dieu, lève-toi sur les cieux : que ta gloire domine la terre !
Ps 56, 07 : Ils ont tendu un filet sous mes pas : j'allais succomber. * Ils ont creusé un trou devant moi,ils y sont tombés.
Ps 56, 08 : Mon coeur est prêt, mon Dieu, + mon coeur est prêt ! * Je veux chanter, jouer des hymnes !
Ps 56, 09 : Éveille-toi, ma gloire ! + Éveillez-vous, harpe, cithare, * que j'éveille l'aurore !
Ps 56, 10 : Je te rendrai grâce parmi les peuples, Seigneur, et jouerai mes hymnes en tous pays.
Ps 56, 11 : Ton amour est plus grand que les cieux, ta vérité, plus haute que les nues.
Ps 56, 12 : (R) Dieu, lève-toi sur les cieux : que ta gloire domine la terre !

Gloire au Père, au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.



Le Psaume 56 (57) en latin (La Vulgate) :

Ps 56, 01 : In finem ne disperdas David in tituli inscriptione cum fugeret a facie Saul in spelunca
Ps 56, 02 : Miserere mei Deus miserere mei quoniam in te confidit anima mea et in umbra alarum tuarum sperabo donec transeat iniquitas
Ps 56, 03 : clamabo ad Deum altissimum Deum qui benefecit mihi
Ps 56, 04 : misit de caelo et liberavit me dedit in obprobrium conculcantes me diapsalma misit Deus misericordiam suam et veritatem suam
Ps 56, 05 : et eripuit animam meam de medio catulorum leonum dormivi conturbatus filii hominum dentes eorum arma et sagittae et lingua eorum gladius acutus
Ps 56, 06 : exaltare super caelos Deus et in omnem terram gloria tua
Ps 56, 07 : laqueum paraverunt pedibus meis et incurvaverunt animam meam foderunt ante faciem meam foveam et inciderunt in eam diapsalma
Ps 56, 08 : paratum cor meum Deus paratum cor meum cantabo et psalmum dicam
Ps 56, 09 : exsurge gloria mea exsurge psalterium et cithara exsurgam diluculo
Ps 56, 10 : confitebor tibi in populis Domine psalmum dicam tibi in gentibus
Ps 56, 11 : quoniam magnificata est usque ad caelos misericordia tua et usque ad nubes veritas tua
Ps 56, 12 : exaltare super caelos Deus et super omnem terram gloria tua

Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, sicut erat in principio et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen.


Commentaire du Psaume 56 par le Frère Dominicain Christian Eeckhout de l’École biblique de Jérusalem :

Le Psaume 56 est une prière qui transmet un fond ancien de supplication personnelle dans la détresse. Nous avons ici une imploration adressée à Dieu, de type davidique. D’autres psaumes vont dans le même sens, notamment les Ps 54 à 59. Ce qui est remarquable, c’est que cette supplique est accompagnée d’un refrain de louange de la parole de Dieu (v. 5a et 11) et d’une finale d’action de grâce publique (v. 13).

Le psalmiste commence en exprimant très concrètement l’oppression qu’il ressent, dans un discours en « je » qu’équilibre un appel très net à Dieu, formulé principalement en « tu », dans la seconde moitié du psaume. Le psaume se compose ainsi de deux parties formant un dyptique : v. 2-7 et 8-14.

Dans la première partie, après l’appel à la pitié (v. 2), il y a l’exposé de la double lamentation quant à l’oppression subie (v. 2-3 et v. 6-7), encadrant l’aveu de crainte qui fait place progressivement à la confiance (v. 4-5).

L’être humain, faible au plan physique autant qu’au plan moral, trouve une aide en Dieu qui est fort, qui a la vie et l’éternité. Il pose un acte de foi parfaite en Dieu. Sa parole mérite louange (v. 5a). La « parole » : c’est la promesse faite par Dieu de protéger et de défendre son fidèle, comme le rappelle le Ps 119 (118),41 : « Que m’adviennent tes grâces, Yahvé, ton salut, selon tes paroles ! » et 119 (118),65 : « Tu as fait du bien à ton serviteur, Yahvé, selon ta parole ». Ou encore le Ps 130(129), 5 : « J’attends Yahvé, mon âme attend, et en sa parole j’espère ». Au profond de l’angoisse, le psalmiste découvre que celui qui se confie en Dieu n’a rien à craindre des agissements humains.

Dans la seconde partie, il y a le cri à l’aide (v. 8-9), puis le sentiment de protection divine et de confiance (v. 10-13) et sa finale de salut assuré (v. 14). Le suppliant est certain que Dieu prend le parti des opprimés (vv.12-13) et c’est pour cela que sa confiance grandit.

« Mes larmes » recueillies, cette réalité de la fragilité humaine, sont comme une conséquence des souffrances subies. Ces malheurs sont pris en compte. Et la langue hébraïque fait jouer ici l’assonance phonétique entre « déboires » et « outre » (v. 9).

Puisque la bonté de Dieu se manifeste en faveur des démunis de secours ou en danger de mort qu’Il délivre, ce psalmiste va louer la parole divine de salut.

L’épreuve et la souffrance ont conduit le psalmiste à la certitude de foi qui engendre sa confiance et l’entraîne à s’en remettre tout entier à Dieu.

En résumé : devant le danger et le harcèlement par ses ennemis, le psalmiste a recours à Dieu, L’implore et, fortifié par la parole de Dieu qu’il loue, il s’abandonne à Yahvé. Placé devant le mal, le psalmiste passe par une succession d’élans personnels vers la confiance qui bannit toute crainte. Le suppliant entrevoit une perspective de victoire et l’effondrement du mal, ici nommé « les peuples » (v. 8b), puis « la mort » (v. 14a) et s’engage à la gratitude envers Dieu (v. 13b).

Relecture chrétienne :

Relecture christologique : Quand le psalmiste livre son âme, puis s’en remet à Dieu qui sauve, un chrétien peut retrouver dans le Ps 56 l’imploration de Jésus qui a pleuré, qui a osé se présenter devant ceux qui venaient le chercher (Jn 18,4-6) et qui, crucifié, prononça la supplique confiante du Ps 22. Mais Dieu est Celui qui a fait marcher son Christ dans la lumière de Pâques, après sa terrible agonie.

Relecture eschatologique : De même, quiconque suit Jésus aura la lumière de la vie (Jn 8,12c). Car Dieu est Celui qui essuiera toute larme (Ap 7,17 ; 21,4), nous délivre de la peur dans ce monde et même de la mort (Is 25,8). Ce qui nous permet de Le remercier et de faire action de grâce (Ps 116,8-9.17-18) : d’aller résolument à la rencontre de Dieu, de vivre en sa présence, face à face, dans la plénitude de vie (cf. Jn 17,1-2).

Fr. Christian Eeckhout, o.p.



Le commentaire du Psaume 56 par Saint Augustin :

« Jésus-Christ, voulant nous porter à nous aimer les uns les autres, nous a aimés le premier; et cet amour, il nous l’a particulièrement manifesté dans sa passion. Le psaume 56 a trait à cette passion du Sauveur ; nous y trouvons des rapprochements qui conviennent bien mieux à Jésus-Christ qu’à David : ainsi, le titre du psaume et celui de la croix, la caverne où se cacha David pour échapper aux poursuites de Saül et le tombeau où le Sauveur cacha sa divinité. La prière du roi fugitif convient donc parfaitement à l’Homme-Dieu-souffrant : comme elle dépeint bien la faiblesse de son humanité sainte, sa confiance en Dieu le Père, l’inanité des efforts de ses ennemis, la honte qui est devenue leur partage, la gloire qui résulte pour lui des ignominies de sa passion ! Admirable exemple donné à chacun de nous au milieu des épreuves de la vie ! Puissions-nous le suivre ! »